#2 – R E V E R E T A V A N C E R –

« Cours souvent! Cours loin! Cours moins! Cours vite! Cours lentement! Mais ne cours jamais sans plaisir! »

Emelie Forsberg

Salut toi ! Ça va ?

Depuis quelques temps je suis très intéressé par les ouvrages traitant du sport en général et de la course en particulier. Les récits de compétition, la vie des athlètes de haut niveau, les ressources physiques et mentales sont des sujets dans lesquels je retrouve beaucoup de sources d’inspiration, et pas seulement pour le sport. J’ai beaucoup apprécié les livres de Kilian Jornet, icône de l’ultra-trail, Courir ou mourir et La frontière invisible. D’ une part c’est très bien écrit et, d’autre part, j’ai pu y glaner de précieux conseils sur la préparation physique et mentale dans l’approche d’une course ou d’une compétition. Car oui, je ne croyais pas dire ça un jour mais je fais de la « compète » et j’y prends beaucoup de plaisir, alors que l’idée même de compétition m’avait par le passé complètement dégoûté de la pratique sportive. Mais j’y reviendrai sûrement plus en détail dans un prochain article.

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Vivre et courir par Emelie Forsberg, donc. Emelie Forsberg est une spécialiste de l’ultra trail et du skyrunning ainsi que du ski-alpinisme. Elle est née en 1986 en Suède, vit actuellement en Norvège avec son compagnon Kilian Jornet. Elle a évidemment un palmarès impressionnant, championne du monde de skyrunning en 2014, vainqueur du 80 km du Mont-Blanc en 2014, de la Pierra Menta (ski-alpinisme) en 2017 et a réalisé une ascension du Mont-Blanc en 8h10 (aller-retour au départ de Chamonix) et j’en passe … Une athlète d’exception donc, à la fois ultra performante et multi-disciplines. Tout pour me plaire.

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L’objet, tout d’abord est très beau. Une belle qualité de papier, avec une maquette agréable et moderne. Les photos de Kilian Jornet, sont vraiment magnifiques et respirent l’amour du photographe pour son sujet à chaque page. Un très bon job d’édition.Voilà pour la forme.

Sur le fond, ce n’est pas vraiment une autobiographie. Emelie Forsberg y évoque bien quelques courses, et épisodes de sa vie mais cela n’est pas le propos du livre. Il s’agit plutôt, je dirai, d’un manifeste, une profession de foi, même un traité de vie. Elle qualifie d’ailleurs son livre de « déclaration d’amour à la vie ». En effet la championne n’y aborde pas que la course ou le sport. Elle parle de son mode de vie en général. De son rapport à son corps et à la nature, au plaisir de courir. Elle aborde le mode de vie qu’adopte une jeune femme qui à 26 ans remporte sa première course en tant que professionnelle et bascule à partir de là dans un monde qu’elle n’imaginait pas connaitre un jour. Courses aux quatre coins du monde, plans d’entrainement, motivation, alimentation. Autant de points qu’elle aborde selon des thématique assez claires et bien choisies : « Compétition », « Décisions », « Liberté », « Montées », « Cultiver », « Naturelle », « Respirations », « Eternité ». A chaque chapitre, une thématique abordée dans de courts paragraphes, faciles à lire et bien écrits, de manière tantôt philosophique, tantôt technique et terre à terre. Tutos sur la technique de montée ou de descente, recettes de cuisine, cours de yoga, alternent avec des récits de courses, expériences de blessures, et textes sur la recherche d’une qualité de vie au plus proche de la terre et sur l’amour de la montagne et de la nature.

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Il ne fait aucun doute qu’ Emelie Forsberg est une vraie compétitrice. Sérieuse, motivée, travailleuse acharnée. Mais il ressort du livre que c’est avant tout une athlète intelligente, à l’écoute de son corps, capable de s’arrêter avant la blessure. Constamment à la recherche de l’équilibre entre « le simple, le prévisible et l’inconnu ». C’est le thème qui sous-tend tout le propos du livre. Oui, un athlète de haut niveau maltraite bien souvent son corps et effectuer 100 miles en courant pour une course, effectuer des milliers de kilomètres dans l’année à l’entrainement n’est pas sans conséquences. Mais en restant à l’écoute de ses sensations, on peut se préparer intelligemment. Utiliser différentes filières énergétiques suivant les objectifs et les moments de la saison. Se raccrocher à une routine, et savoir la casser par moments pour retrouver le plaisir. Improviser en permanence au sein d’un préparation établie. Savoir se dépasser et se préserver. Trouver l’équilibre.

« Je cours pour courir encore demain, pas pour être la meilleure sur une course ».

Ici le corps n’est pas qu’un véhicule pour l’âme. Il y est fortement lié et l’un ne peut fonctionner sans l’autre. Le bonheur se cultive et Emelie le cultive tous les jours que soit en s’occupant de son potager ou en avalant les kilomètres de dénivelé. Équilibre donc. Et simplicité: pas de grande philosophie de la course derrière tout ça. A la question pourquoi courons-nous?, elle répond, que « nous courons depuis toujours ; cette capacité est peut-être même l’une des raisons qui nous a porté là où nous sommes aujourd’hui ». Une approche, simple, primale de la course très intéressante, et qui gagnerait à être creusée. Je dois pouvoir trouver des ouvrages sur le sujet (à mettre sur ma liste).

Les leçons à tirer de l’ouvrage sont nombreuses et s’appliquent à tous les sports, (et en tant que crossfiteur, j’y ai pris quelques idées) voire même à tous les aspects de la vie (savoir prendre soin de soi pour aller loin n’est pas que l’apanage des sportifs). Si Courir ou mourir de Kilian Jornet abordait beaucoup la compétition et la notion de gagne, il est intéressant de constater que le suivant, La frontière invisible était beaucoup plus libéré de cet aspect compétitif et plus proche de l’état d’esprit développé par Emelie. Plaisir de courir, de se dépasser, de se donner des objectifs, dans le respect du corps et de la vie. Elle a probablement fortement influencé son funambule de compagnon, lui apportant pondération et recul.

Un livre donc, intelligent, utile et touchant à de nombreuses reprises (l’épisode de la blessure notamment). Le récit se termine sur un échec, Emelie renonçant dans l’ascension du Cho Oyu (8201 m) dans le Tibet après 14h de montée, pour finir sur une sage réflexion sur l’échec et les leçons à en tirer afin de continuer à rêver et avancer. Continuer. Rêver. Avancer. Des mots qui résonnent en moi comme un mantra.

Keep Moving Forward

Vivre et courir, Emelie Forsberg.

Editions MONS, 2018

Photos©KilianJornet

http://www.editionsmons.com

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