#8 – W O R K H A R D –

Salut, toi, ça va?


J’ai peu publié ces derniers mois mais j’avais une bonne raison. J’avais un objectif, un rêve un peu fou que je voulais réaliser. Et j’ai consacré l’essentiel de mon énergie à la réalisation de cet objectif. Tu veux savoir? Prenons ma machine à remonter le temps et voyons comment ça s’est passé, et ce que j’en ai tiré … let’s go!

Chapitre I: les 5 secondes qui changent tout

29 septembre 2018. Je scrolle machinalement sur Facebook et tombe sur une page consacrée à la Volvic Volcanic eXpérience. Un trail dans la Chaîne de Puys, chez moi, au sein de mes chers volcans. J’avais, un peu plus tôt, en juillet, participé à mon premier trail, à la Rosière en Savoie, un 22 km avec 1400m de dénivelé. Ce fut une super expérience, difficile, très difficile ,certes, mais pleine d’enseignements quant à ma force mentale, plus qu’athlétique et à ma capacité de récupération après un tel effort. Si bien que je n’ éludais pas l’idée de revenir l’année suivante. Et puis, cette tentation. Un trail, chez moi, en Auvergne. Alléchant. Pourquoi pas? Mais quelle distance? Voyons. Voyons. Au programme, 4 courses: 110, 43, 25 ou 15 km. On oublie tout de suite les 110 km, c’est clairement hors de mes capacités. 15 km? Un peu court, peut-être, pour se déplacer depuis Annecy. Restent le 25 km ou le 43 km. Et cette envie de me challenger … Sans trop étudier les parcours, et fidèle à la méthode des « 5 secondes de réflexion » (on en reparlera) , qui m’a toujours fait faire de bons choix, je me lance. Ce sera donc“Expérience Impluvium”, un parcours de 43 km et 1660 m de dénivelé. Je clique. Valide mon inscription. Respire un coup … et réalise l’énormité de la chose. Même sur du plat, je n’ai jamais couru une aussi grande distance. Je ne suis même jamais sorti en nature hors course officielle et balisée, pour m’ entraîner. 43 km. Mince! JE NE VAIS JAMAIS Y ARRIVER!!! OK. Respire … respire … respire … Je prend conscience en repensant à ce moment où j’ai validé cette inscription de l’importance de l’intention ou de l’instinct dans mes prises de décisions. Les étapes émotionnelles qui l’ont accompagné sont, à ce stade, dans l’ordre:

  1. CURIOSITÉ ET PROJECTION
  2. RÉFLEXION (COURTE)
  3. PRISE DE DÉCISION
  4. STUPEUR ET TREMBLEMENTS
  5. IMPRESSION DE PERTE DE CONTRÔLE
  6. PLAN D’ACTION

Ce sont exactement les mêmes étapes, les mêmes sensations que lorsque j’ai décidé de changer d’horizon professionnel, excepté la phase de deuil de mon ancien emploi. En fait, je pense que j’ai, inconsciemment, expérimenté, challengé ma capacité à me décider rapidement et radicalement. A m’engager dans un objectif qui, à un moment donné, peut me paraître fou, voire totalement inatteignable. Ce trail, et le challenge qu’il constituait, c’était comme une vision miniature, un brouillon de mon projet professionnel. Je tenais l’objectif qui allait me tenir en éveil des mois durant.

Chapitre II: « Help! I need somebody »

Mercredi 7 novembre 2018, Stade d’Annecy-le-Vieux. Première séance de ma préparation encadrée par Émeline, éducateur sportif diplômée et coach de CrossFit qui va m’accompagner tout du long avec sérieux, réactivité et savoir-faire. Libéré depuis peu de mes obligations professionnelles, engagé dans un nouveau projet de vie, je vais consacrer 7 mois à cette préparation, à raison de 3 à 4 séances par semaine. 7 mois! Là, le trail, devient plus qu’un objectif, ça va être un mode de vie. Je vais manger, dormir, bouger, rêver Trail. Le premier enseignement que j’ai tiré de ma crise de panique post inscription est: “ Fais toi aider”. L’objectif étant de parcourir une distance de course encore inédite pour moi, sans me blesser en prenant, objectif prioritaire, du plaisir à le faire le jour J, il m’apparaissait indispensable de me tourner vers quelqu’un qui avait des connaissances en matière de préparation physique. Tiens! Exactement comme je me fais aider dans mon projet professionnel par Hélène depuis plusieurs mois. Quelque soit le projet il est primordial d’avoir conscience de l’importance de s’entourer, de savoir détecter et mettre à profit les talents qui nous entourent. Là encore je me suis aperçu que ceux qui savent sont ravis de partager leurs connaissances, que ce soit au travers de prestations payantes, bien sûr, parce que c’est leur métier mais aussi autours de discussions impromptues, de partages d’expériences, ou de services. Alors pourquoi refuser toutes ces ressources à portée de main?

Chapitre III: « Aies confiance, crois en … toi. »

Je suis assez observateur. Et, une chose intéressante que j’ai pu remarquer est que les personnes accompagnées ou coachées (j’en croise tous les jours) ont parfois tendance à se dire qu’elles pourraient “faire autrement”, “ improviser”, qu’elles pourraient “ y mettre leur grain ”, « faire leur sauce », qu’elles pourraient en faire encore plus “parce que ça fait une bonne séance”, qu’ils ou elles sont de « vrai(e)s bosseurs ou bosseuses”. Et ce, en sport ou dans tout autre domaine. Un peu comme ces personnes qui mettent le GPS pour ensuite tourner systématiquement dans la direction inverse indiquée par la machine parce qu’elles connaissent un raccourci (Si! si! tu connais ce genre de personnes!). Ma façon de voir les choses est simple: confiance absolue (aveugle?) envers celui ou celle que j’ai choisi pour m’accompagner. Et j’insiste sur le fait d’avoir choisi cette personnes. On dit parfois que “ la confiance n’exclut pas le contrôle”. Et bien, si! La confiance exclut le contrôle. Sinon, il n’y a pas de confiance. Ai-je suffisamment confiance en moi pour accorder ma confiance à quelqu’un d’autre, pour me faire aider? C’est la vraie question. Faire confiance c’est SE faire confiance. ET avoir confiance en soi , c’est avoir confiance en l’autre. Confiance en celui qui sait. Le doute, s’il est nécessaire doit intervenir à l’origine du projet. Il agit de concert avec la peur. Fait son travail (nous y reviendrons plus bas), et n’ a plus sa place ensuite dans le process. J’ai assez vite décidé que je me ferai aider mais j’ai longtemps réfléchi à la façon de procéder. Mais dès l’instant ou mon choix s’est porté sur une coach avec qui je serai en contact tous les jours ou presque, après l’avoir observée, m’être renseigné auprès de ses coachés, il n’y avait plus de doute possible. Ce serait avec Emy et personne d’autre. Par la suite je n’ai jamais fais 1 km de plus ni de moins que ce qui était préconisé. Pas une heure de plus. Pas un exercice complémentaire improvisé. S’en tenir à la prescription stricto sensu s’est chasser les doutes, agir l’esprit libéré des hésitations. Comme nous pourrions décider de nous habiller chaque jour de la même façon afin d’éliminer les décisions non cruciales (si! si! y’en a qui font ça!). Cette confiance dans mon choix initial m’a permis de lâcher prise et de laisser « ma coach coacher ». Ceci n’empêche pas d’échanger et de donner ses ressentis à son coach pour corriger le tir en cours de route si besoin.

Chapitre IV: « Ce n’est pas plus facile. Tu progresses »

La notion de « flow » est un sujet sur lequel je souhaite m’appuyer fortement dans mon activité de coaching. Comment être suffisamment attentif à ses ressentis et sensations? Comment « stocker » ces sensations pour pouvoir aller les rechercher et en utiliser l’énergie? Ces notions liées à l’élasticité de nos cerveau, à notre résilience mentale et physique me fascinent au plus haut point. Le « flow », je le connais. Je l’ai expérimenté. 09 avril 2019: séance d’endurance mixte avec diverses phases et allures à respecter. Je te passe la description complète. Je parcours 18 km ce jour là. En progrès très nets par rapport au même exercice effectué deux fois les mois précédents. Et je ressens une immense aisance. Ce jour là, mes jambes sont légères, à peine si elles effleurent le sol, mon allure n’est que grâce, j’arbore un large sourire et le vent dans mes cheveux … oui bon! c’est mon ressenti, hein, la réalité doit être un peu moins onirique. Et puis je fais ce que je veux, c’est moi qui écrit! Bref, tout ça pour te décrire une des meilleures séances de ma préparation. Blague à part cette idéalisation du moment m’a permis de l’ancrer dans ma mémoire et de conserver intactes les sensations de cet instant et, depuis, de pouvoir y revenir et en tirer toute l’énergie positive. Ce jour là j’ai vraiment ressenti “le flow”. Les compétences acquises au cours des séances pas toujours très drôles de travail en côte, en VMA ou de rameur en salle, ont éclaté dans ma tête ce jour là. Mon cerveau et mon corps ont assimilé les progrès effectués. Mon niveau de compétence avait augmenté m’amenant dans la zone de flow. Ce moment, limité dans le temps, où tout coule de source, tout semble plus “facile”. Le fameux “pic de forme”. Curieusement, à cet instant, le challenge d’un trail de 43 km m’a semblé bien plus abordable que quelques mois auparavant. Et pourtant je n’avais toujours pas parcouru la distance. Là encore, je peux ramener ces considérations sportives à un niveau plus professionnel. J’ai pris confiance, en me raccrochant à ces moment de flow dans le sport pour y trouver des énergies positives.

Chapitre V: « Pas à pas, un sommet à la fois »

25 avril 2019: Seul sur le plateau des Glières, embourbé dans 1 m de neige par endroits, je doute. Manifestement, je suis paumé. De toute évidence je suis épuisé. J’ai déjà parcouru 11km en 2h50 dont 45 minutes sur les deux dernier kilomètres. Déjà pas simple à repérer, le chemin est devenu invisible. Je fais demi tour? Cela veut dire refaire la même distance, avec les mêmes difficultés, la fatigue en plus. Mais, au moins je connais le chemin. Un mois plus tôt, j’aurais fais ce choix, plus rassurant. Mais j’ai grandi. J’ai appris. J’ai appris que se perdre, finalement ça n’est pas très grave. Ce jour je sais quoi faire de ma peur. La laisser faire son travail qui consiste à me mettre en éveil, enclencher le “mode survie”. Profiter de l’afflux d’adrénaline. Puis reprendre le contrôle et ma route. Avancer. Avancer et retrouver la bonne route. Profiter de l’instant, se laisser surprendre. Ce moment où ma préparation m’amène a effectuer des sorties longues en montagne, seul, donc dans l’inconnu est peut-être ce qui a été le plus difficile pour moi. Pas l’effort physique. Plutôt le fait d’affronter un environnement non balisé. J’ai une fâcheuse tendance à me perdre … et puis comme pour tout, le cerveau s’adapte, apprend. On finit toujours par retrouver un chemin, parfois, inattendu, qui nous mènera quelque part. Un fondement de Nos petites Victoires, tiens! Ces longues sorties, parfois dans la neige, m’ont obligé à élargir ma “zone de confort”. Je me suis trouvé de plus en plus à l’aise, seul dans la nature.

Pour conclure … en attendant la suite.

« And I knew I had to deal with it. So I just made a choice. I’d let the fear in, let it take over, let it do its thing, but only for five seconds, that’s all I was going to give it. So I started to count: One, two, three, four, five. »

Lost ep. 01X01 – Jack Shephard

Si cette préparation d’un objectif sportif ambitieux, à mon niveau, a consolidé mes convictions professionnelles c’est bien sous cet angle: chacun de nous peut réaliser de grandes, d’immenses choses pour peu qu’elles nous tiennent à cœur, soient cohérentes avec nos valeurs et, surtout, en procédant par étapes. C’est la base de Nos petites Victoires, mon activité de coaching. Il est beaucoup plus facile d’aborder un objectif en le découpant en étapes, chacune de ces étapes nécessitant de développer certains talents et connaissances ou de simplement effacer certaines craintes. Comme celle de se perdre. Puis faire des pauses pour assimiler les progrès réalisés. Et repartir pour l’étape suivante. Dans la conception de Nos petites Victoires j’ai à de nombreuses reprise eu l’impression d’être embourbé, avec cette impérieuse envie de faire demi-tour, parce que la peur de se perdre, parce que le regard des autres. Mais, comme lors de ma préparation trail, je peux dire aujourd’hui que s’il m’arrive toujours régulièrement de me sentir perdu, de ne pas savoir ce qu’il y a au tournant du chemin, j’ai de plus en plus de facilité à avancer parce que chaque pas, chaque foulée m’apprend un truc en plus et fait de moi quelqu’un de plus confiant, de plus audacieux. Et, quand la peur vient pointer, fermer les yeux, la laisser faire son travail et l’observer rentrer chez elle. Reprendre la route. Avancer quoi qu’il arrive.
Dans la seconde partie je te parlerai plus en détail de la course en elle-même et ce qu’elle m’a appris. A très vite!
Matthieu
La page de Coach Emy:https://www.facebook.com/coachemy74/

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